Transition énergétique - L’ADEME imagine notre vie quotidienne en 2030 et 2050

vendredi 27 juin 2014 par charentenature

Avant la présentation, le 18 juin, des grandes lignes du projet de loi censé fixer le cap vers les économies d’énergie, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) s’est livrée à un exercice inédit de "sociologie fiction" : une étude décrivant les modes de vie des Français en 2030 et en 2050 compatibles avec les objectifs retenus dans le cadre du débat national sur la transition énergétique.

Comment vivrons-nous en 2030 et en 2050 si l’on s’engage dans la transition énergétique ? L’Ademe a tenté de l’imaginer dans une étude prospective rendue publique ce 12 juin. Après avoir réalisé en 2013 une première évaluation macroéconomique des scénarios énergétiques et climatiques élaborés dans le cadre du débat national sur la transition énergétique, l’Agence a voulu les transposer dans les modes de vie des ménages. "L’ambition est de montrer la diversité des modes de vie, d’une part en 2030, en identifiant les leviers d’action permettant de s’engager dans la transition énergétique et d’autre part à l’horizon 2050, en donnant à voir les évolutions de modes de vie possibles dans un scénario fondé sur la sobriété, l’efficacité et les énergies renouvelables", prévient-elle.

Seize familles fictives Elle s’est pour cela attachée à la description du quotidien de huit familles fictives types vivant en 2030 et huit autres en 2050. La diversité des modes de vie a été prise en compte selon des critères de localisation, de revenus, d’organisations familiales ou encore d’âges (jeune couple sans enfants, couple de retraités, couple avec deux ou trois enfants, familles monoparentales, etc.). Aucun des ménages décrit dans cette étude "n’est parfait, exemplaire, sur tous les plans", souligne l’agence mais l’objectif est que la moyenne globale des modes de vie de l’ensemble des familles soit "proche de l’objectif collectif" en termes d’énergie et d’émissions de gaz à effet de serre. Logements, déplacements, alimentation mais aussi loisirs et utilisation des appareils électroménagers : l’étude passe au crible les conséquences très concrètes de modes de vie moins énergivores. La trajectoire globale retenue s’appuie "sur une diminution par deux de la consommation énergétique à l’horizon 2050 et le développement des énergies renouvelables, avec pour toile de fond l’atteinte du facteur 4 en 2050, c’est-à-dire la division par 4 des émissions de gaz à effet de serre générées sur le territoire national par rapport à 1990", a expliqué François Moisan, directeur scientifique de l’Ademe, en présentant l’étude le 12 juin. L’étude se fonde également sur des hypothèses de croissance forte sur le plan économique (1,8% par an) et démographique (69 millions d’habitants en 2030 et 74 millions en 2050).

Pas de ruptures technologiques fortes L’exercice entend "montrer qu’il est possible de parvenir à ces objectifs selon les situations propres à chacun, sans remettre en cause les souhaits de confort et de bien-être individuels". Cela suppose toutefois que "des investissements publics et privés aient été réalisés notamment dans le domaine de la rénovation énergétique des bâtiments, des transports et des énergies renouvelables pour mettre à disposition des services d’accompagnement, des aides financières et des techniques de rénovation et des services de mobilité adaptés au besoin", prévient l’Agence. Si "les évolutions les plus importantes portent sur le logement et les modes de déplacement", a souligné François Moisan, cette prospective "ne repose pas sur des hypothèses de ruptures technologiques fortes" mais sur des changements sociétaux". Dans le bâtiment, on pourra ainsi constater une "baisse de la consommation d’énergie continue", "sans rupture technologique, mais grâce à la rénovation, la réhabilitation des bâtiments sur une période de 40 ans", a-t-il ajouté. En 2050, les logements "seront mieux isolés, avec des équipements de chauffage plus performants (pompe à chaleur, microcogénérations) et un meilleur pilotage". "En bref, pour la consommation d’énergie dans la maison, on gagne beaucoup sur le chauffage, sur l’électroménager blanc [réfrigérateur, lave-linge, etc.]. En revanche, la consommation croît sur le ’brun’ [téléviseur, hi-fi, etc.] et les TIC au moins jusqu’en 2030, où on comptera au moins un écran par personne", a-t-il résumé. L’Agence pronostique aussi "à partir de 2030, une inflexion du logement individuel". Il y aura une tendance à une "relative densification", avec par exemple de "petits logements collectifs, occupés par trois-quatre ménages", a noté François Moisan.

Fort impact des nouveaux services de mobilité Côté transports, l’Ademe a pris en compte "l’amélioration technique des voitures", qu’il s’agisse de moteurs thermiques, hybrides ou électriques. L’électrique représentera en effet "4% du parc automobile en 2030 et 28% en 2050". Mais plus que les avancées technologiques, "l’organisation des transports" et en particulier "les nouveaux services de mobilité" auront un impact significatif sur le niveau de la consommation d’énergie et les émissions annuelles de CO2. Selon l’Ademe en 2050, on verra circuler en ville "30% de véhicules partagés, 20% de véhicules individuels, 25% de transports collectifs, 15% de vélos, 10% de deux-roues motorisés". "Il y a quatre ou cinq ans, les signaux étaient faibles pour le covoiturage et l’autopartage. Or aujourd’hui cela se développe", a souligné François Moisan. En 2030, la consommation énergétique aura été ramenée à 124 Mtep contre 151 Mtep en 2010 et il n’y aura "plus de pétrole dans les transports urbains", selon le directeur scientifique de l’Ademe. À cette date, "certains usages ont changé, d’autres pas, et d’une famille à l’autre, ce ne sont pas les mêmes postes qui auront fait l’objet d’une transformation. La transition n’est pas toujours effectuée notamment concernant le chauffage des logements et les possibilités de changement de transports", avance l’Ademe. En 2050, la consommation énergétique totale sera de 82 Mtep et aura donc été divisée par deux par rapport à 2010. Pourtant, souligne l’agence, "aucun comportement individuel n’est proscrit : ce sont la facilité d’utilisation des nouveaux services et leur coût en diminution qui conduisent chacun à multiplier les gestes et les comportements les plus favorables à la sobriété énergétique".

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