Prémices de l’hiver

mardi 1er décembre 2015

Ce sont de petits oiseaux venus du nord dont certains individus ne font que survoler notre département alors que d’autres atteignent en Charente leur destination finale. Ils se mêlent alors, selon leurs affinités, aux verdiers, linottes et chardonnerets, formant des groupes atteignant parfois de plusieurs centaines d’individus.

Les annonciateurs du froid ne sont pas que les grues ou les oies ! L’arrivée du Pinson du Nord, de la Grive mauvis et du Tarin des aulnes nous rappelle que l’été indien ne dure jamais.

Le Pinson du Nord, le sociable

Pinson du Nord©Didier WOLF

Quel changement d’habitat pour cet équivalent nordique de notre Pinson des arbres ! En provenance des boisements de Bouleaux finlandais ou de la taïga sibérienne où il se reproduit, le Pinson du Nord arrive progressivement par paires jusqu’à plusieurs dizaines d’individus dans notre contrée charentaise pour y passer l’hiver, si la saison n’est pas trop rigoureuse. Auquel cas, il continuera son voyage plus au sud.

Ce petit oiseau est presque de la même taille que notre Pinson des arbres local avec qui il s’associe volontiers dans les chaumes et les mangeoires. Si, dans certains pays, les rassemblements de Pinsons du Nord peuvent être immenses, plusieurs millions d’individus, nos effectifs charentais sont bien plus mesurés, de l’ordre de la centaine, tout au plus environ 200 individus observés sur les communes de Rivières (hiver 1985) et à Barbezieux Saint-Hilaire en 2005. Qu’en sera-t-il pour cet hiver 2015 ?

Le Tarin des aulnes, l’acrobate

Tarin des aulnes©N Dupieux

Le Tarin des aulnes est bien différent du Pinson du Nord et sa morphologie le rapproche surtout du Chardonneret élégant. En hiver, les mâles perdent leurs couleurs flamboyantes où se mêlent noir, jaune et blanc mais l’espèce reste suffisamment colorée pour être identifiée. Il est assez facile de l’observer à condition de savoir où le chercher. Des groupes de tarins comprenant parfois plusieurs dizaines d’oiseaux évoluent d’arbre en arbre, suspendu tête en bas au bout des branches des Aulnes glutineux, dont ils consomment des graines. Cet arbre, lié aux milieux humides, pousse notamment sur les bords de la Touvre, du Bandiat et de la Charente.

La Grive mauvis, la noctambule

Grive mauvis©Wikipedia

La Grive mauvis nous arrive également du nord mais ses mouvements passent très facilement inaperçus, l’espèce migrant de nuit. Pourtant, une oreille attentive percevra des cris brefs et rêches, même au cœur des grosses agglomérations : les Grives mauvis passent. Comment sont-elles alors ? peut-être quelques-unes… peut-être plus. En 2015, la première a été entendue le 21 octobre sur la commune de Châteaubernard, puis quelques jours plus tard, d’autres ont été signalées dans le cognaçais et sur Angoulême. Cette grive, au sourcil marqué typique de l’espèce, est à rechercher dans des bosquets, les haies ou perchées au sommet des arbres.

En cas de froid plus rigoureux, le Jaseur boréal, un oiseau très rare en Poitou-Charentes, peut pointer le bout de son bec. La splendeur de son plumage est remarquable, tout comme le rouge carmin des ailes du Tichodrome échelette, une espèce montagnarde qui vient papillonner chaque année sur les façades du château de l’Oisellerie. L’hiver aussi est propice aux belles observations !

David NEAU - Chargé de mission


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