Bois de la Cla Blanchie - La Couronne

lundi 6 juillet 2015 par Jean-Pierre SARDIN (Administrateur)

Compte-rendu de la sortie botanique du 19 mai 2015 de 9h à 12h

Présents : Propriétaires du bois – Adhérents de l’association « Stop Nuisances » - Michel Botineau – Charente Nature (Monique Brun, David Suarez, Jean-Pierre Sardin)

A la demande de certains propriétaires du bois de la Cla Blanchie, sur la commune de La Couronne, Charente Nature s’est rendu sur le terrain le 19 mai 2015. Cette visite avait pour objectif de préciser, avec Monsieur BOTINEAU, professeur honoraire à l’université de Limoges, les éléments phytosociologiques et botaniques du boisement, dans et hors des limites du site Natura 2000 FR 5400413.

Pour rappel, ce site de valeur européenne concerne les vallées calcaires péri-angoumoisines (Anguienne, Eaux-Claires, Charraud), englobant les secteurs alluviaux, les pentes et certains plateaux calcaires, riches en pelouses calcicoles xérophiles et mésophiles, dont certains habitats communautaires sont prioritaires. La flore présente sur ce site n’est pas concernée par la Directive européenne 92/43/CEE dite "Directive Habitats" (aucune espèce ciblée) mais plusieurs taxons sont cependant protégés, soit au niveau national, soit au niveau régional. Le site est délimité en plusieurs noyaux. Sur la commune de La Couronne, outre la vallée de la Charraud, il englobe le plateau adjacent sur quelques dizaines de mètres, pour intégrer quelques parcelles de pelouses, mais le bois de la Cla Blanchie en est exclu, car il est essentiellement constitué de plantations de résineux (pinus sp,) avec çà et là des reliques de chênaie pubescente à différents stades de développement et quelques rares éléments calcifuges. Aucun de ces habitats n’est inscrit à la directive. A contrario, plus à l’ouest, le plateau dit « des Séverins », propriété de l’entreprise Lafarge Ciments, présente sur une quinzaine d’hectares un ensemble de pelouses calcicoles remarquable, parmi les plus riches du centre-ouest de la France. Ce site était cependant inclus dans le périmètre d’exploitation de la carrière actuelle. En 2005, Lafarge a accepté de renoncer à son exploitation, de mettre cet espace exceptionnel en régime de protection, et d’en confier la gestion au Conservatoire Régional des Espaces Naturels, sous réserve que les terrains situés plus à l’est (dont le bois de la Cla Blanchie) aient une potentialité d’exploitation de matériaux dans le PLU de la commune. Ce dispositif a permis à ce jour la sauvegarde d’un fleuron du patrimoine naturel de valeur européenne.

La visite effectuée ce 19 mai 2015 a permis de constater et de confirmer plusieurs faits :

- Les habitats : Hors zone Natura 2000, le bois est constitué de plantations de résineux (Pinus sp.) notamment des variétés cultivées de pins noirs (Pinus nigra). La végétation naturelle correspond à de la chênaie thermophile (Quercion pubescenti-sessiliflorae), sur plusieurs étages (taillis sous fûtaie, taillis, manteau et ourlet), répartis sur de petites parcelles résiduelles non plantées. Quelques placages d’argile de décalcification sont notamment caractérisés par la bruyère à balai ( Erica scoparia ). Des petites clairières présentent des faciès très dégradés de pelouse calcicole (Xerobromion). L’extrémité N-NE du plateau est incluse dans la zone Natura 2000. Dépourvue de pins, elle est elle aussi couverte de chênaie thermophile, avec des zones de pelouses enclavées plus importantes, jusqu’au groupement de la bordure en falaise (Potentillion caulescentis) donnant sur la vallée.

- Les espèces végétales Aucune découverte importante n’a été faite au cours de cette sortie. Quelques pieds de Nerprun des rochers (Rhamnus saxatilis) – protection régionale - sont disséminés dans le manteau arbustif de la chênaie thermophile, et un pied de Sabline des chaumes (Arenaria controversa) – protection nationale - a été observé dans le chemin. Quelques espèces déterminantes sont observées telles que le liseron cantabrique (Convolvulus cantabrica), la Biscutelle de Guillon (Biscutella guillonii), le Genêt ailé (Genista sagittalis ), le laser à feuilles larges (Laserpitium latifolium)….

Conclusion : A ce stade des connaissances acquises, le bois de la Cla Blanchie ne recèle pas d’habitats de valeur européenne susceptibles de justifier une intégration dans le site Natura 2000. On peut même s’interroger sur la profondeur des sols et sur le caractère fortement artificialisé, dû à la présence dense des pins, qui peut même à long terme entraîner une légère modification du substrat (par acidification), l’ensemble pouvant être peu favorable au développement de pelouses calcicoles stables et diversifiées, dans la perspective d’un déboisement. A l’intérieur du bois, les rares micro-parcelles ouvertes herbacées ne contiennent qu’un cortège appauvri de plantes de pelouses, hormis la présence anecdotique de 2 espèces protégées (présentes aussi de façon beaucoup plus significative dans la zone Natura 2000). Les lambeaux de pelouses des bordures du Nord-Nord-Est sont de plus grande taille, proches de la falaise et sont déjà intégrés dans le site Natura 2000.

Jean-Pierre SARDIN Vice-Président de Charente Nature responsable des études & expertises Président du Conseil Scientifique du Conservatoire Régional des Espaces Naturels Membre du Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN) Membre honoraire du Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) Professeur Agréé de Sciences Naturelles


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